TOJIRO UKIYA

 

 

Histoire de l'automobile au Japon

Marques et modèles

 

Tojiro Ukiya fut un pilote émérite, qui s’en est allé trop tôt, au firmament d’une carrière prometteuse. Dès l’adolescence, il conçoit sa vie comme un challenge perpétuel. Parcourant le monde en quête d’opportunités et d'aventures, il entreprenant des études dans des domaines aussi variés que l'agriculture, la psychanalyse, la peinture à l’huile ou la médecine vétérinaire.

Il ne termine aucune de ces disciplines, car, avide de connaissances, il n’étudie pas pour obtenir un diplôme, mais pour s’enrichir personnellement. Il ne veut pas passer sa jeunesse sur les bancs d’école pour des choses auxquelles il ne croit pas et préfère employer son temps à la vraie éducation, pas à la graduation.

Sa vraie passion, il la vit dans le bruit des moteurs et les vapeurs d’huile. Passionné de compétition mécanique, il s’essaie très jeune au guidon de motos puis derrière un volant. Excellent pilote, il est repéré par Honda et Toyota. A 23 ans à peine, Tojiro est sacré champion des pilotes japonais. Malheureusement sa fougue l’emporte trop jeune dans le paradis des pilotes.

Son ascension extraordinaire au sommet de la compétition japonaise lui a valu une grande adoration du public ainsi que du milieu sportif. Il est devenu une légende et son image restera à jamais gravée dans les esprits de ceux qui l’on connu.

Voici un résumé de sa vie et de ses activités.

Né le 16 juillet 1942 à Ichikawa dans la préfecture de Chiba, il apprend à conduire dès l’âge de 7 ans. A 14 ans il obtient son premier permis de conduire... une mobylette. Avide de découverte il effectue un voyage de 1500 km pour aller rendre visite à sa grand-mère à Osaka sur la Kreidler 50 cm3 qu'il vient de recevoir. C'est une sacrée aventure à une époque où aucune route n'est goudronnée. Durant son périple il fait des rencontres et vit des expériences qu'il consigne dans un journal. A son retour il publie le contenu de manière assez confidentielle.

Apprenant que Hirotoshi Honda, le fils de Soichiro, roule en Super Cub, il envoie un exemplaire de son journal au père en lui demandant s'il peut devenir ami avec son fils. Soichiro, un peu surpris par cette démarche lui répond qu'il le recommande à son fils qui a le même âge. (Le Honda Super Cub est le dernier cri de la mobylette en 1958 avec un moteur 50 cm3 4 temps. Il deviendra l'engin motorisé le plus produit de l'histoire avec près de 100 millions d'exemplaires construits jusqu'à aujourd'hui.). Peut-être que le slogan commercial du Super Cub collait à l'esprit de Tojiro, la publicité annonçait "You meet the nicest people on a Honda".

En 1960 il voyage aux USA ou il intègre une école à New York. L’année suivante il traverse le pays à moto et s’installe à Los Angeles. Parallèlement à ses études il travaille comme mécano chez un agent Honda. Il commence à courir en moto sur les circuits de Californie en 1963, puis il retourne au Japon et publie un autre journal sur son périple le long de la route 66.

Un ami d'enfance de Tojiro qui est devenu pilote chez Toyota l'invite a assister au 1er Grand Prix du Japon. Cela le motive et il écrit à Toyota pour faire partie du team. Lors du 2e GP, en 1964, il pilote une Corona et termine à la 11e place.

En septembre de la même année, on l'envoie en Angleterre suivre des cours à la fameuse école de pilotage de Jim Russell. Il y apprend les base du pilotage sur Formula et l'école lui signifie qu'il peut prendre part aux compétitions dès l'année suivante. Mais fin 1964 il remporte une course sur le circuit d’Utsonomya, au Japon, au volant d’une MGA.

En janvier 1965 Tojiro (encore 22 ans) achète sa première Honda, une S600, et demande à son ami Minoru Hayashi (19 ans) de modifier la carrosserie pour la rendre plus aérodynamique. Hayashi parvient tant bien que mal, sans budget, à profiler l’auto avec un nez pointu. Peinte en noir elle est surnommée Karasu (corbeau en japonais).

Le 30 mai 1965 Tojiro remporte le 2e championnat de Suzuka en classe GT-I avec la Karasu mais également en classe T-2 sur une Corona.

Le 18 juillet, sur le tout nouveau circuit de Funabashi se déroule le All-Japan Car Club Championship à la place du GP du Japon qui n'a pas lieu cette année. Tojiro dispute deux courses, pour la première il pilote une Lotus Elan #19 en classe GT-2, Les concurrentes sont des Skyline 2000GT, des Bellett 1600GT, des Failady 2000, une Jaguar Type E, une Stingray, une autre Elan... La compétition se déroule sous une pluie battante. Tojiro part en tête et mène la course sans qu'aucune autre voiture ne vienne l'inquiéter. Il remporte cette manche sans problème.

En GT-I, Tojiro est au volant d'une Toyota Sports 800 #20. Tetsu Ikuzawa mène la course avec sa Honda S600 #1 mais Tojiro le talonne de près. Au 4e tour Tojiro touche l'arrière de la Honda, l'aile avant droite de la Toyota est pliée et touche la roue. L'arrêt au stand pour changer la roue et redresser l'aile le relaie à la 16e place. Pourtant, il rattrape son retard et gagne la course. C'est le héro du jour. Ces exploits lui valent de gagner le championnat ainsi que l'admiration de tous les gens présents.

Lors de la séance d’essai à Suzuka le 20 août 1965, Tojiro tente d’éviter deux personnes qui traversent la piste, et est victime d’une sortie de route. Sa Honda S600 percute un pylône et il est éjecté de la voiture. Souffrant d'une fracture du crâne il décède quelques jours plus tard d'une hémorragie cérébrale. Il a juste 23 ans.

On constate qu'il n'avait pas attaché sa ceinture de sécurité. En fait il n'y en avait pas. La voiture appartenait à Minoru Hayashi qui l'a enlevée pour la monter dans la Tojiro-II. Cette dernière est la Karasu modifiée en préparation pour de futures courses. A cette époque il n'est pas obligatoire d'avoir une ceinture de sécurité dans une voiture particulière. En compétition la Honda courre en catégorie production et n'avait pas forcément de ceinture. Les Formula n'en ont tout simplement pas.

Toutes les personnes qui ont approchés Tojiro, pilotes, ingénieurs, mécaniciens et autres le décrivent comme une personne agréable avec de hautes valeurs humaines. Il ne faisait pas de distinction entre des gens de niveau d'étude différents, il traitait tout le monde avec le même respect. C'est un aspect particulier qui n'était pas courant à l'époque et qui lui a valu d'être également très respecté.

En 1977, la famille et les amis de Tojiro créent le "Toji’s Club". En mémoire de celui qui a sacrifié sa vie pour en sauver deux autres, une cérémonie est donnée chaque année dans une chapelle d’Ichikawa, sa ville natale. En 1985, "Il Samaritano", une association européenne pour les victimes de la route, donne son prix annuel à Tojiro à titre posthume. En 1993, le club se renomme “Il Samaritano Toji’s Club”.

Ses fidèles amis sont toujours présents, parmi eux Minoru Hayashi, fondateur de Dome et Hirotoshi Honda fondateur de Mugen Motorsports, fils de Soichiro Honda.

Traduit librement du site http://www8.plala.or.jp/tojiro/tojiro.html.
Voir aussi le compte rendu de la course de Funabashi de 1965 ici
http://www.ne.jp/asahi/ts800/hp/MAIN/etc/ukiya/toujirou.htm
et la page Wikipedia japonaise.

 

Tojiro Ukiya

Ses premiers moyens d'évasion

Tojiro et Lotus 7

Tojiro et sa Honda CB77 sur la route 66

Publications de Tojiro

A l'école de pilotage Jim Russel, UK 1964

Tojiro, sa soeur Asae et Hirotoshi Honda

Tojiro Ukiya

Tojiro peut être fier avec sa "Karasu"

Lotus Elan GT-II, Funabashi 1965

Toyota Sports 800 GT-I, Funabashi 1965

Victoire au All-Japan Car Club Championship 1965

La Tojiro-II

La Honda S600 de Suzuka

All-Japan Car Club Championship, Funabashi 1965

La jeunesse de Tojiro

Funabashi 1965

 

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