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A la demande de l'armée japonaise, Tetsuji Makita conçoit un véhicule de reconnaissance tout terrain à 4 roues. Il sera construit par Nihon Nainenki.
Le développement débute par la réalisation du moteur. Makita s'inspire du moteur britannique de moto Sunbeam et construit un bicylindre en V de 1200 cm3. Parallèlement, un châssis est mis au point, puis soumis à de nombreux essais destinés à évaluer ses capacités de franchissement. Plusieurs prototypes sont testés sur les pentes du Mont Fuji, dont certains équipés de moteurs quatre cylindres refroidis par eau. Le premier est équipé d'un moteur 4 cylindres boxer et le deuxième d'un 4 cylindres en ligne. Ces variantes ne sont pas été retenues. Les informations relatives aux différentes versions et les années de production varient selon les sources, j'ai essayé de comprendre au mieux pour les retranscrire ici.
Le prototype du Type 95 est finalisé en 1935, soit bien 5 ans avant l’apparition de la première Jeep américaine. Il constitue ainsi le premier véhicule de ce type entièrement réalisé au Japon, mais aussi la première automobile de tourisme à quatre roues motrices produite en série au monde.
La production démarre en 1937. Ce 4x4 compact peut transporter trois occupants, deux à l’avant et un à l’arrière, sur les terribles chemins de l'époque. Avec un poids de 1100 kg, il est capable de 70 km/h en vitesse de pointe. On le surnomme "Black Medal" ou "Daruma" mais son nom de code est Kurogane Type 95 (くろがね四起起). Il est également appelé Kurogane Shiki (くろがね四起) ou Kurogane 4Ki (くろがね4起).
Le moteur est refroidi par air, ce qui est un avantage, ne risquant pas de geler dans le rigoureux climat de Mandchourie. C'est un bicylindres en V OHV 4 temps de 1300 cm3 et 33 ch à 3300 t/min couplé à une boîte de vitesse à 3 rapports. De conception simple, il est robuste et permet des interventions de réparation facilitées. La transmission intégrale est débrayable, il devient alors une propulsion. La suspension avant indépendante est composée de double triangles superposés directement attachés au pont et de ressorts hélicoïdaux. l’arrière repose sur un essieu rigide à ressorts à lames. Des freins à tambours sont montés uniquement à l'arrière, et de larges pneus à sculptures profondes assurent une bonne motricité hors route.
En 1939, le Type 95 évolue et peut désormais transporter quatre personnes, mais n'est toujours pas pourvu d'armement. La ligne de caisse est droite et la calandre est plus ramassée. Le moteur voit sa cylindrée portée à 1400 cm3.
Au fil du temps, plusieurs variantes de carrosserie sont développées. En 1944, une version ressemblant à un petit camion est une sorte de pickup à deux places. Au total, environ 4755 exemplaires du Type 95 sont produits, toutes versions confondues, entre 1935 et 1944. Il sera également utilisée lors de la Guerre du Pacifique.
La majorité des exemplaires ont été perdus durant les conflits et ont été abandonnés sur place, notamment en Russie. Un exemplaire a toutefois été retrouvé au Japon en 2014 à Kyoto. C'est grâce à une campagne de financement participatif que l'auto a pu être restaurée par un petit groupe de passionés. Après deux ans de travaux, le véhicule a été remis en état et présenté au public, offrant un témoignage rare et précieux de cet engin atypique.
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Kurogane Type 95 1936 |
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Prototypes en test sur les pentes du Mt Fuji en 1936 |
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Kurogane Type 95 1937 |
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Kurogane Type 95 1939 |
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Kurogane Type 95 1944 |
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Kurogane dans la BD YokoTsuno |
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