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La première guerre sino-japonaise de 1894-1895 avait pour objectif le contrôle de la Coréen. A l'issue de cet affrontement, la Chine vaincue doit céder plusieurs territoires au Japon, comme l’île de Taïwan. Cette conquête semblait stratégiquement nécessaire au Japon, par crainte de voir la Corée, faiblement militarisée, se faire envahir par un autre pays susceptible de menacer l’archipel proche.
Le second conflit opposant le Japon et la Chine se déroule principalement en Mandchourie, une province chinoise qui possède des frontières avec la Mongolie et l’Union soviétique. La Mandchourie est intéressante parce qu’elle renferme quantité de matières premières dont le Japon est dépourvu. Le charbon, les minerais (fer, plomb, or, zinc, cuivre et manganèse), le bois, les produits agricoles, le caoutchouc et le pétrole sont des ressources déjà exploitées par le gouvernement chinois.
Les troupes japonaises envahissent la Mandchourie en septembre 1931 et y place l’armée du Guandong (ou du Kwantung). Un État fantoche, appelé Mandchoukouo, est établi. Il est entièrement assujetti aux autorités japonaises qui s'approprie les mines et usines chinoises. Un traité est passé avec Tchang Kaï-chek, le dirigeant de la République de Chine, pour que l’expansion du Japon s’arrête là. Mais l’Empire poursuit sa politique de colonisation en avançant sur Shanghai.
En janvier 1932, l’armée impériale prend possession de la ville chinoise. Le conflit est sanglant mais les forces chinoises ne peuvent luter et un cessez-le-feu est signé en mai, notamment sous la pression de plusieurs nations occidentales possédant des concessions à Shanghai. Le Japon, confiant dans sa puissance avance jusqu’en Mongolie, qui est alors un protectorat soviétique, non sans mal, la Guerre de Résistance menée par le peuple chinois représentant une forte opposition.
En décembre 1937, l’armée du Guandong envahi Nankin, capitale de la Chine depuis 1912, obligeant Tchang Kaï-chek à fuire. Il s'en suit un massacre de la population durant laquelle des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés. Des dizaines de milliers de femmes et d'enfants sont violés par les troupes japonaises. Cet épisode reste l'un des plus tragique de la deuxième guerre sino-japonaise. Après quoi, l'armée impériale pousse vers le nord et prend du terrain sur les Soviétiques, occupant une partie de la Sibérie, jusqu’au lac Baïkal. C’en est trop pour la Russie qui s’allie à la Chine nationaliste et signe un pacte avec l’Allemagne. La guerre soviéto-japonaise éclate en 1939.
Au Japon, c'est une période de mobilisation économique générale nationale qui prend effet en avril 1938, l'armée réquisitionne les usines à des fins militaires. Le rationnement des matières premières rend difficile la production automobile. L'armée impériale a besoin de véhicules et les constructeurs automobiles sont contraints de fabriquer des camions et des tanks. Toyota et Nissan voient directement les bénéfices de cette nouvelle politique. Les usines tournent à plein régime. Tous les ateliers se convertissent en fabricants d'armes, de pièces de camion et d'avions de combat. D'autres pièces qui étaient importées jusqu'à présent font défaut. Par exemple le Japon ne fabrique pratiquement pas de pneumatiques et il ne peut plus se procurer de caoutchouc à l'étranger. Une usine est installée en Mandchourie pour la fabrication de pneus pour l'aviation.
La période de guerre Mondiale oblige les entreprises à apprendre de nouvelles technologies. L'aéronautique permet d'étudier de nouveau type de moteur comme le diesel ainsi que l'usage de l'aluminium dans la fonderie.
Le fameux chasseur-bombardier Mitsubishi Zéro utilisé par la marine japonaise est une réussite technologique qui donne l'avantage à l'armée impériale dans le début de la guerre. Léger et maniable, il est équipé d'un moteur Nakajima de près de 1000 ch.
L'essence est rare et est rationnée dès 1937. En 1941, sur 46 498 véhicules produits au Japon, plus de la moitié sont destinés à l'armée. Les États-Unis et les Pays-Bas imposent un embargo total sur le pétrole et l'acier à destination du Japon en 1941. Le précieux liquide est alors réquisitionné par l'armée impériale et n'est plus disponible pour les particuliers. Le gouvernement et les nationalistes japonais considèrent cette décision comme une agression car le pays importe 80 % de son pétrole, ressource indispensable pour mener la guerre. Devant choisir entre abandonner les territoires chinois, durement acquis, et s'emparer des ressources qui lui manquent par la force, le quartier général impérial choisit la guerre.
Pensant pouvoir neutraliser la flotte américaine du Pacifique basée à Pearl Harbor, sur l'île hawaïenne d'Oahu, les forces aéronavales japonaises procèdent à une attaque surprise le 7 décembre 1941. Les pertes américaines sont importantes mais ce n'est pas le seul front. L'armée japonaise attaque également les États-Unis aux Philippines et engage les hostilités avec le Royaume-Uni, en envahissant Hong Kong et en débarquant en Malaisie. Cette attaque provoque l'entrée des États-Unis dans le conflit mondial. L'empire du Japon s'étend jusqu’en Birmanie à l’ouest et en Nouvelle-Guinée au sud.
En décembre 1941, à la suite de l'attaque de Pearl Harbor, la Chine s'allie formellement aux États-Unis et au Royaume-Uni et déclare officiellement la guerre au Japon. C'est alors la guerre du Pacifique et les contacts sont rompus avec l'Occident. Il n'y a plus d'importation ni d'affaires traitées avec les fabricants américains ou européens. L'usine de General Motors à Osaka est confisquée.
L'Allemagne capitule le 7 mai 1945 face aux forces alliées, ce qui marque la fin de la guerre en Europe. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine posent un ultimatum au Japon lors de la conférence de Postdam émis le 26 juillet 1945. Ils exigent une capitulation sans condition sous peine d'une destruction rapide et totale. Le Japon refuse de se rendre.
Autorisé par le président américain Harry S. Truman deux bombes atomiques sont lâchées sur le Japon. Hiroshima est atteint le 6 août 1945 et Nagasaki 3 jours plus tard. Le but est de terroriser les populations civiles afin de faire pression sur le pouvoir japonais. Ce sont environ 220 000 morts qui sont recensés. Ces destructions massives ont conduit l'empereur Hirohito à annoncer la capitulation du Japon, signée le 2 septembre 1945. Le Japon devient le seul pays à avoir subi des attaques nucléaires, ce qui va profondément marquer sa mémoire collective et sa politique pacifiste d'après-guerre. Après la guerre, le terme de Guerre de Quinze Ans est entré en usage au Japon, faisant remonter le conflit à la première invasion japonaise de la Mandchourie en 1931.
Durant ces quinze longues années, le Japon a massivement industrialisé la région contrôlée par l’armée du Guandong. Elle a tout d’abord annexé les mines de charbon, puis a développé l’extraction de minerai en faisant travailler des Chinois prisonniers. Les récoltes des paysans sont réquisitionnées par l'armée impériale qui s'approprie la ligne du Transsibérien construit par les Soviétiques. Toute sorte d'usines sont aménagées, y compris la Dōwa Automotive Industries destinée à produire des automobiles, des camions et des automitrailleuses. A la fin des années 30, la colonie sino-soviétique japonaise produit plus de biens que le Japon tout entier.
À l'issue de la guerre, le Japon se retire de la Mandchourie. En théorie, la Chine devrait récupérer toute cette infrastructure abandonnée mais les Soviétiques pille la région, rapatriant tout ce qu'ils peuvent en Russie, profitant des habitants démunis.
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Le Mandchoukouo |
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Mine de charbon et d'acier, Benxihu Complexe industrielle de Shenyang |
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Prisonniers chinois, esclaves des usines |
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Construction des routes au Mandchoukouo Photo Ella Maillart 1934 |
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le Japon envahit la Mandchourie, 1937 |
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Blindés Vickers-Crossley à Shanghai 1932 Massacre de Nankin 1937 |
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Usine sidérurgique de Shijingshan Mandchourie 1937 |
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Possessions japonaises en 1939 |
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Mitsubishi A6M "Zéro" 1939 |
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Usine Toyota de Koromo bombardée en 1945 |
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Bombe atomique sur Hiroshima, 6 août 1945 |
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Bombe atomique sur Nagasaki, 9 août 1945 |
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Armée russe prenant possession des infrastructures japonaises en Mandchourie 1945 |
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